Kidnapping

5 août
Sébastien Pitre

Temoignage chretien

Témoignage romancé mais réel, cela n’est pas fictif.

Travaillant sur le marquage de la chaussée pour la ville de Montréal, sur des quarts de nuit, durant 12heures, nous sommes parfois témoins de choses étranges vu que nous travaillons sur l’étendue de l’île. Les services de police nous considèrent car ils savent que nous sommes amenés à nous retrouver dans des rues, partout dans Montréal, à tracer des lignes de peintures, des pistes cyclables, des passages piétons, des lignes d’arrêt, etc.

Donc, une nuit de fin de semaine, avec mon équipe composée de Karim et de Jonathan, nous nous retrouvâmes dans un secteur résidentiel à peindre des vélos sur l’asphalte pour guider les cyclistes. Il devait être environs 2heures peut-être, 2h et demi du matin, et la fatigue accumulée commençait à se faire ressentir. Concentrés à peindre notre dessin de chevron dans cette petite rue en bordure d’un parc abandonné, nous n’aperçûmes qu’au dernier moment la voiture qui nous fonça dessus. Elle venait de jaillir d’on ne sait où et phares éteints, elle nous frôla de peu. J’étais en train de me diriger vers mes collègues quand cela est arrivé, tout s’est passé si vite.

Jonathan tenait encore le pistolet à peinture et commençait à dire combien ce type était un fou, de plus les vitres teintées ne nous avaient pas permis de voir les occupants. De mon bord, j’avais entraperçu une silhouette collée à la fenêtre, mais cela s’était déroulé si rapidement qu’en aucune façon nous n’aurions pu reconnaitre qui que ce soit.

Vingt secondes après, une seconde voiture arriva en trombe et s’arrêta brusquement à notre hauteur. Un jeune homme d’une petite vingtaine année (à peine), Haïtien, apparu derrière la vitre qui se baissait. Les yeux hagards et le visage stressé par l’adrénaline, Il nous demanda si nous avions vu une voiture passer à toute vitesse. Nous répondîmes que oui et il nous dit dans un souffle que l’on venait de kidnapper sa sœur. Nous donnâmes le peu d’infos que nous avions et il partit sur les chapeaux de roue. Nous appelâmes la police et expliquèrent la situation.

On se sent si impuissant et responsable dans ce moment-là. On se demande  ce que nous aurions pu faire de différent qui aurait peut-être fait une différence, bref on culpabilise. La silhouette que j’avais vue à la vitre de l’auto était surement la jeune fille et à cette image qui se répétait indéfiniment dans ma tête je ne pouvais m’empêcher de m’en vouloir.

Nous quittâmes la place et continuâmes notre route vers les autres adresses pour terminer notre travail. Dans le pick-up, Jonathan me demandai comment ça allait car j’étais silencieux depuis l’événement.

– « Je prie, j’intercède auprès de Dieu pour que sa main puissante agisse, que  ravisseur la relâche et qu’il ne lui fasse aucun mal, qu’il n’abuse pas d’elle! »

– « Ha..ok mais tu sais on ne peut plus rien faire, tu sais…blabla. »

Ses mots ne me parvenaient plus et du plus profond de mon cœur, je suppliai notre Seigneur d’intervenir dans cette situation.

Les minutes passèrent et finalement nous retournèrent récupérer les cônes réfléchissant servant à la signalisation dans le secteur où s’était passé cette étrange histoire.

Je descendis du véhicule et, au lieu de me diriger vers nos cônes pour les ramasser, je me mis à aller dans une autre rue annexe, intrigué… et là, guider par l’Éternel (j’en ai aucun doute), je remarquai plus loin dans la noirceur des ombres épaisses sous une rangée d’arbres, une forme se déplaçant dans ma direction. L’éclairage des lampadaires m’empêchait de distinguer correctement qui arrivait, j’entendis des reniflements et des soupirs craintifs.

– « La fille! » M’exclamais-je « C’est elle, j’en suis sûr, gloire à Dieu. »

J’accouru vers la personne qui était une jeune fille d’environ seize ans, en pyjama bleu qui sanglotait et avançait dans la nuit, bouleversée. Je m’approchais d’elle et la rassura rapidement et la pris dans mes bras. Elle s’y blottit et pleura à chaudes larmes. J’essayai de mon mieux de la rassurer et la réconforta tout en lui demandant son adresse. Je lui posai les questions usuelles dans ces circonstances, m’inquiétant de son état. Mes collègues arrivèrent. Jonathan, ayant suivi une formation de pompier volontaire, téléphona de suite aux policiers. Nous arrivâmes chez elle.

Elle me confia entre ses sanglots que l’homme avait essayé de la brûler avec une cigarette, tenté de la violenté mais que sans savoir pourquoi, après avoir tourné dans le lotissement, il l’avait subitement abandonné sur le bas-côté, en la poussant de la voiture.

Le jeune homme que nous avions croisé et qui tentait de rattrapé le ravisseur arriva à notre rencontre avec les parents et il me remercia.

Les parents recueillirent la jeune fille, la police arriva quelques secondes plus tard.

J’interpellai le frère qui semblait très en colère, d’autres jeunes arrivèrent en criant des propos violant et de vengeance. Je maintenais le  jeune homme par les bras et dit:

– « je ne connais pas l’affaire mais tout ce que je sais c’est que si tu suis des gars comme ça, qui veulent agir de cette manière, tu vois ta mère là-bas.. et blablas prochaine fois ce ne sera pas une frayeur qu’elle subira mais un chagrin bien plus grand. Cette fois-ci tu devrais remercier Dieu que ta sœur soit saine et sauve… tu es encore très jeune, ne fait pas l’erreur de commettre l’irréparable, tu les entends crier vengeance et parler de tuer, etc… que veux-tu offrir à ta mère, à ta vie? La balle est ton camp, fais ce que tu veux, c’est ta vie et tu n’en a qu’une seule!’’

Nous quittâmes la scène après avoir répondu aux questions de la police.

Je remercie le Seigneur de gloire qui est tout puissant d’avoir agi avec puissance et autorité. Il est au-dessus des circonstances et Il transforme le malheur en bonheur. Il est mon berger et mon sauveur, mon bouclier, ma forteresse et en Lui nous devons mettre toute notre confiance.

Psaumes 23; 93; 18; 76; 28; 103 et 91

Comme David n’hésitons pas à louer notre Dieu et les Psaumes sont une source d’inspiration de louanges et de grâce. Ouvrons notre cœur et soyons reconnaissant en tout temps.

Sébastien.

Photo via SantaBanta

1 commentaire. Leave new

Quel témoignage incroyable sur la toute puissance de Dieu! Il est bien la lumière qui règne au-dessus des ténébres.

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